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mardi 8 juillet 2014

Un nouveau Klimt, "L'Attente" tiré d'une fresque du Palais Stoclet à Bruxelles

Et voici le troisième tableau tiré d'un carton provenant d'une fresque du Palais Stoclet, à Bruxelles, représentant "L'Attente".

Gustav Klimt - L'Arbre de Vie - Palais Stoclet -1905-1909
 En 1904, le banquier belge Adolphe Stoclet commande  à Klimt la réalisation des mosaïques murales de la salle à manger d'un luxueux palais qu'il construit à Bruxelles sur les plans de l'architecte Hoffman.
Klimt dessine les cartons qu'exécutera la Wiener Werkstätte.  La richesse décorative de Klimt éclate dans L'Attente et dans L'Accomplissement, les deux frises qui encadrent l'Arbre de vie central qu'il réalise pour Adolphe Stoclet. 


Klimt reprend le cycle de la vie de la frise Beethoven, mais de manière plus symbolique. Il la conçoit sous la forme d'une mosaïque divisée en trois temps.
Les Stoclet aiment beaucoup l'art oriental dont Klimt va tenir compte dans ses créations. Il va allier sa connaissance de la technique de la mosaïque et le fruit de ses études de cet art si en vogue à cette époque.
La frise représente dans sa partie centrale “l'Arbre de vie” situé au centre du Paradis terrestre. Les branches de l'arbre ont la forme de spirales, un motif répandu en orient. La spirale se déroule ou s'enroule autour d'un point. Elle représente en conséquence à la fois le pôle figurant le commencement et l'aboutissement d'un processus. Et tel est bien le sens de l'Arbre de Vie.
Au centre du Jardin d'Eden, l'Arbre de vie rassemble tous les aspects opposés du monde manifesté à l'état unifié. Il se double de l'Arbre de la Science du bien et du mal, de l'arbre de la manifestation des aspects opposés proprement dits. En goûtant au fruit de la connaissance du bien et du mal, Adam et Ève se sont éloignés du centre et de l'état unifié dans lequel ils baignaient. Ils furent chassés du Paradis terrestre et découvrirent le monde de la dualité. Toutefois, chaque être peut regagner le centre, retrouver l'état unifié et restaurer les origines perdues à la condition de réunifier toutes les facettes opposées en lui-même.
Dans l'arbre, un oiseau se tient immobile. Par sa couleur noire, il est souvent considéré comme le messager de la mort. Il s'agit de la mort de l'état unifié, de l'état édénique avant de naître dans l'état différencié où l'unité se décompose en complémentaires, puis en opposés. Le corbeau est le messager de la connaissance du bien et du mal propre au monde de la dualité.

Gustav Klimt - L'Accomplissment (détail), carton provenant de la fresque du Palais Stoclet, 1905-1909, 194,6 × 120,3 cm, Österreichisches Museum für angewandte Kunst.


Dans la salle à manger Stoclet, on trouve une grande table pour 22 couverts, des buffets en marbre de Portovenere, les murs recouverts aussi de bois de Macassar, de cuir noir et incrustés d’or et de palissandre, et deux grandes frises qui se font face : "La danseuse" ou "L’attente" et, en face, "L’accomplissement" avec un couple d’amoureux rappelant le célébrissime "Baiser".
 

À la droite de l'Arbre de Vie, un couple symbolise “l'accomplissement” du retour à l'état unifié. L'homme se penche au-dessus de la femme qui s'abandonne dans ses bras. Les formes ornementales des vêtements de l'homme et de la femme soulignent leurs rôles respectifs. 
Les formes circulaires ornant le vêtement masculin évoquent le ciel tandis que les formes rectangulaires embellissant le vêtement féminin sont en rapport avec la terre.
Contrairement au couple de la frise Beethoven, l'homme symbolise ici le principe actif qui s'unit au principe passif représenté par la femme. Autrement dit, l'axe vertical masculin et l'axe horizontal féminin se rencontrent en leur point d'intersection représentant l'état unifié, l'état où les complémentaires symbolisés par l'homme et la femme ne font plus qu'un.

Le somptueux manteau de l’homme dissimule presque entièrement, comme s’il l’engloutissait, la délicate figure féminine en robe de fleurs qu’il enlace, ce qui ajoute une touche érotique à l’exotisme du jardin.
Les personnages sont dans une prairie de fleurs multicolores avec deux arbres de vie dont les branches, en forme de volutes, remplissent la totalité de la surface murale.
Des faucons Horus noirs sont perchés sur des branches isolées. Le tout forme un jardin artificiel répondant au jardin réel du Palais.
Le troisième panneau se trouve face au jardin et peut être interprété comme une fenêtre symbolique opposée au monde réel. C’est le "Chevalier", figure abstraite qui semble surveiller la scène.

Klimt voulait montrer aux hôtes, en train de partager un repas, un jardin de l’art et de l’amour qui ne fanerait jamais, contrairement au jardin devant les fenêtres du Palais.


Gustav Klimt - "L'Attente" -Carton provenant de la fresque du Palais Stoclet, 193,5 × 115 cm,1905-1909- Österreichisches Museum für angewandte Kunst.
























À la gauche de l'Arbre de Vie, une jeune femme danse. La danse est un langage au-delà des mots. Son but consiste à dépasser la nature duelle du monde manifesté pour redécouvrir l'unité primordiale. Le corps et l'esprit sont à l'unisson et se rejoignent dans l'extase. Et qui de mieux qu'une femme pouvait symboliser “l'attente” du retour à la source ?

Et voici ma modeste reprise de la danseuse ornant le côté gauche du panneau.
Là encore, je l'ai cadré au niveau du buste, ce qui m'a permis de reprendre les riches bijoux qui ornent sa chevelure et ses bras.


Il est un peu plus coloré que l'original, mais je voulais mettre l'accent sur la variété des couleurs qui ornent les bracelets et la parure de ses cheveux. 

Diaghilev, Cocteau, Sacha Guitry, Anatole France et tant d’autres dînèrent dans cette salle à manger qu’Anette Freytag décrit comme suit : "Dans la lumière artificielle des lustres en cristal de Lobmeyr suspendus au plafond, et dans le reflet des bougies vacillantes disposées dans les candélabres en argent d’Hoffmann posés sur le buffet en marbre, devant les réflecteurs dorés des bougeoirs de l’artiste Carl Otto Czeschka
Anne Coquéau- Velut -"L'Attente", d'après Klimt - 2014- 40 x 40 cm
appliqués sur les murs, eux aussi en marbre, la frise semble pendre vie : en se réfléchissant dans les mosaïques, chaque mouvement de lumière laisse derrière lui une traînée scintillante. Les petites tesselles en or et argent, les pierres semi-précieuses, la nacre, les céramiques, les perles et les métaux précieux repoussés déploient un étincellement étrange et vacillant. En outre, toutes les pièces d’argenterie créées par la Wiener Werkstätte se reflètent dans le mur en marbre poli ourlant la frise et dans le marbre noir du buffet. A travers ces reflets, les chandeliers en argent, les chauffe-plats et soupière semblent multipliés par trois ! Un processus qui, considéré dans son ensemble, transforme la scène en expérience irréelle. "

Tout cela pour vous dire qu'il était quasiment impossible de rendre simplement à l'aquarelle toute les richesses et chatoiements des pierres et des dorures ornant cette frise... Même avec un peu de peinture dorée !!! Mais il devrait y avoir encore une reprise...



1 commentaire:

Anonyme a dit…

Coucou Anne! De mon côté c'est en ce moment que je flashe-craque-fonds pour cette danseuse en attente!!!! BRAVO pour ton aquarelle la représentant et toutes ces précisions au sujet du tableau de Klimt! MERCIiii! Bisous! Véra